By Shenoy
Cet article est la transcription en français de la vidéo de Ravi Kumar « Golden Rule in Transcription, Part II », publiée par Modlingua. La règle d'or présentée ici est aussi expliquée dans la session Modlingua Live Master the ART of Transcription and Subtitling for a Successful Career (segment « Golden Rule of Transcription », à partir de 1:08:25).
La règle d'or : multipliez par six
Il existe une règle d'or pour la transcription. Je parle de mon expérience personnelle et de celle de mes camarades du même domaine : pour transcrire un audio d'une minute, il faut compter six minutes au minimum. C'est la règle d'or. Ainsi, une demi-heure d'audio demande près de trois heures de travail, soit six fois la durée de l'enregistrement. Quand on vous confie un travail de transcription de 15, 30, 45 minutes ou d'une heure, multipliez donc la durée par six pour estimer le temps à consacrer à cette tâche.
Fixer le juste prix
Le prix se décide ensuite en fonction du temps nécessaire. En général, en Inde, la transcription est peu payée : 1 à 2 dollars la minute. Sur le marché international, le tarif standard commence plutôt entre 3 et 5 dollars la minute. Mais tout dépend aussi de votre capacité, de votre disponibilité, des exigences du marché, du budget du client et de votre niveau de confort. Si vous débutez et que vous cherchez à acquérir de l'expérience, vous pouvez réduire votre prix. En revanche, une fois devenu professionnel, si votre temps est limité et que vous n'avez plus besoin de « faire vos armes », vous pouvez augmenter vos tarifs en fonction de votre niveau. Si cela convient au client, il vous confiera d'autres projets ; sinon, il trouvera quelqu'un d'autre. Il faut donc maintenir cet équilibre.
Deux principes essentiels
En gardant ce facteur à l'esprit, je pense avoir pu vous donner des renseignements sur la transcription : ce que c'est, quels en sont les types et comment la piloter. Mais comment s'y prendre, et quelles sont les étapes de la transcription ? Avez-vous une idée ? Quelqu'un veut-il l'expliquer ?
Quand on parle de transcription, il y a deux choses importantes à retenir. D'abord, on doit seulement transcrire, c'est-à-dire restituer mot à mot sans perdre le sens : on ne doit pas ajouter sa propre créativité. Ensuite, on doit faire preuve de présence d'esprit pour restituer le vrai message.
Transcription intralinguistique ou interlinguistique
On parle de transcription au sens strict quand il s'agit de mettre par écrit un audio dans la même langue. Lorsqu'on transcrit directement d'une langue vers une autre, on fait appel à ses capacités de traducteur : présence d'esprit, sens et choix des mots. C'est un défi bien plus difficile.
La transcription dans une même langue - de l'hindi vers l'hindi ou de l'anglais vers l'anglais - n'est pas très difficile (un « donkey work », un travail de routine). Mais ce n'est pas le cas lorsqu'on transcrit vers une autre langue, par exemple de l'hindi vers le tamoul, le télougou, le pendjabi, l'espagnol, le français ou l'allemand : la charge cognitive devient alors très élevée. Et plus la charge est lourde, plus il faut de temps et d'énergie ; vous avez donc le droit de demander davantage.
L'essor de la vidéo et des sous-titres multilingues
Si vous développez ces compétences de base de la transcription, une grande fenêtre d'opportunités s'ouvre à vous. Si l'on observe les tendances récentes de la consommation mondiale de contenu, la vidéo est en forte progression. Le contenu écrit reste important, mais les vidéos le sont devenues beaucoup plus, et cette évolution se poursuit. Une vidéo produite dans une langue devra donc être transcrite et sous-titrée dans plusieurs langues, car chacun veut toucher le monde entier.
Si je parle en anglais, je serai heureux de faire traduire mes propos en hindi, tamoul, télougou, espagnol, français, allemand, italien, coréen ou dans d'autres langues du monde. De nos jours, de nombreux services facilitent ce travail en insérant automatiquement les codes temporels dans le discours. Vous pouvez préparer le compte rendu sans indiquer le minutage : même YouTube s'en charge. Quand vous publiez le fichier, YouTube synchronise le texte avec la bande son de la langue originale.
Un exemple en classe : du gujarati à l'espagnol
M. Ravi : Est-ce que vous pouvez voir le fichier ?
Stagiaire : Oui.
M. Ravi : Ici, vous remarquez cette partie où il est écrit « mauvaise qualité, médiocre ». Quand on n'entend rien, on ne peut pas transcrire. Le même exemple encore : jusqu'à 30 secondes, puis on avance à la deuxième phrase. Nous avons identifié deux personnes, nous avons transcrit, puis nous avons ajouté les codes temporels. Cette transcription-là n'aurait pas pu servir pour les sous-titres, qui exigent le minutage exact ; elle visait un autre objectif : faciliter la compréhension globale.
Dans cet exemple, le fichier est d'abord transcrit du gujarati vers l'anglais, puis, à partir de l'anglais, traduit en espagnol. (échange en espagnol) C'est écrit en espagnol. La transcription anglaise doit donc être claire et précise, sinon il y a perte de sens ; or on sait qu'on perd toujours une partie du message quand on traduit d'une langue à une autre, puis encore vers une troisième. Pour maîtriser cette perte, quand quelqu'un transcrit du gujarati vers l'anglais, la transcription doit être très bonne, sinon la version espagnole sera la pire de toutes. Cette perte étant inévitable, il faut organiser le travail de manière à la limiter. Si la première étape est bien faite, la deuxième devient facile ; sinon s'installe un mécanisme de rétroaction et vous perdez beaucoup de temps à contrôler la qualité.
Vous devez vous souvenir de la règle d'or de la transcription.





